Déjeuner ce jeudi avec Philippe Hayat, dans le cadre des CJDej’ organisés chaque mois par Yves Perrot (Le président sortant du CJD Paris).
J’en ai déjà eu l’occasion au cours du repas mais je profite de cette tribune pour redire toute mon admiration pour cet homme extraordinaire qui a fondé 100 000 entrepreneurs en parallèle de sa vie bien remplie de chef d’entreprise.
A 46 ans cet X-Essec (!) en est déjà à sa 4ème aventure entrepreneuriale : Bâches de France, redressée, transformée puis revendue, suivie de Kangaroo Village, incubateur High-tech revendu, rachat de Architel et repositionnement sur l’archivage électronique avant sa revente et enfin création d’un fond d’investissement de 100 millions d’euros (Serena).
Au passage (!), Philippe Hayat a aussi contribué à monter la filière entrepreneuriat de l’Essec, puis celle de Science Po.
Pourtant il a trouvé le temps et l’énergie, entre la revente d’Architel et la création de son fond, de lancer l’association 100 000 entrepreneurs qui emmène les créateurs d’entreprise porter la bonne parole dans les collèges, lycées, universités et écoles post-bac: oui, que les études vous sourient ou non, vous pouvez prendre votre vie en main.
Avoir un projet entrepreneurial c’est construire sa vie.
L’exercice ne consiste donc pas à présenter son entreprise ou un secteur d’activité mais à présenter l’acte d’entreprendre et le choix de vie que cela représente. Et ce n’est pas un choix naturel: 75% des créateurs viennent de familles d’entrepreneurs; il faut donc donner à toucher et à comprendre ce que c’est.
En (très) bon chef d’entreprise, Philippe Hayat a monté son association avec un business plan rigoureux : il y a 6 millions d’élèves entre 13 et 25 ans; répartis en classes de 30 élèves ça fait 200 000 classes. En demandant à chaque entrepreneur de faire 2 visites par an, il faut 100 000 intervenants, d’où le nom de l’association.
Au delà du projet de l’association qui m’a beaucoup séduit (je viens de m’inscrire pour intervenir) j’ai aussi été très impressionné par Philippe Hayat lui-même et son approche business de l’associatif que je trouve décapante : l’association a d’abord été soutenue par de grandes entreprises mais il est obsédé par la création d’un business model pérenne et récurrent. Il a donc fait en sorte que 100000 entrepreneurs soit éligible à percevoir la taxe professionnelle puis il compte demander 100 euros de cotisation aux entrepreneurs (ce qui ne leur coûtera que 33 euros sous déduction d’impôts), dès que le seuil critique sera atteint.
L’organisation est ultra industrialisée : les intervenants s’inscrivent, les enseignants aussi et l’association organise les rencontres. Et Philippe Hayat pilote tout ceci avec un tableau de bord et des indicateurs tout simples : nombre d’élèves touchés, nombre d’enseignants, nombre d’intervenants, euros collectés…etc.
Ca m’a plongé dans un abime de réflexion : si une association peut monter en 3 ans un système de pilotage aussi simple et performant, que ne devrais-je être capable de mettre en place dans mon entreprise ?
Encore un CJDej génial: grand merci à Yves Perrot pour toutes ces découvertes.
Tags: CJD, Association, 100 000 Entrepreneurs